18 mars 2006
Chair de poule
Le Caire - C’est ce que tout le monde craignait ici, depuis plusieurs semaines. Précisément, depuis début février, quand les premiers cas de grippe aviaire avaient été déclarés en Egypte. Ce matin, un communiqué du Ministère égyptien de la Santé annonçait un premier de cas de transmission à l’homme du virus H5N1. Une jeune femme de la région de Qalyoubiya, au nord du Caire, est décédée ce vendredi dans un hôpital de la capitale. D’après les premiers examens médicaux, il s’agirait bien du premier cas humain de grippe aviaire en Egypte – et dans toute l’Afrique. Mais l’OMS se veut prudente : des tests complémentaires sont actuellement effectués en Grande Bretagne et les résultats ne seront connus que dans deux semaines.
Une nouvelle qui intervient alors que certains journaux égyptiens annonçaient la lente reprise du commerce des volailles, paralysé depuis plus d’un mois. En Egypte, le poulet représente un pilier essentiel de la consommation et les conséquences économiques de l’épizootie sont désastreuses. D’autant plus que les informations concernant la maladie sont très mal relayées ici. Les rumeurs alimentent la désinformation qui, à son tour, gonfle la paranoïa ambiante. Il y a quelques semaines, une rumeur extravagante avait provoqué la panique dans les rues du Caire : des poulets contaminés auraient été jetés dans le Nil, contaminant les eaux du fleuve. S’en étaient suivies des scènes hallucinantes de trafic d’eau minérale…
Alors, sans même attendre les résultats du laboratoire britannique, il est aisé de deviner ce qu’il va se passer dans les prochains jours : les poulets, les œufs et tous leurs dérivés vont disparaître des rues et des cartes des restaurants. Pendant que la presse locale en fera ses choux gras, accusant le Gouvernement de laxisme ou de manipulation – selon les tendances d’opposition – ou, autre facette de la réalité médiatique égyptienne, alimentant toujours plus le délire d’une conspiration israélo-américaine !



