30 mars 2006
Trois p’tits tours et puis prions
Dans une ancienne medersa du Caire islamique - A l’arrivée, aucune hésitation. Pas un faux pas, à peine un tressaillement. L’homme a tourné sur lui-même pendant près de 50 minutes et il semble frais. D’ailleurs, dans un instant, il sera de retour sur scène, musicien cette fois, pour accompagner en notes de nouvelles toupies humaines.
Avec leurs robes multicolores et leurs pas de danse à peine perceptibles, les derviches tourneurs invitent le spectateur à l’hallucination. Un voyage spirituel, sur fond de notes inlassablement répétées. Une aventure intérieure, jetée à la face de l’incrédule, en une gerbe de couleurs tournoyantes. Quand le derviche tourne, il communie avec son Dieu et propage sa foi, comme une fontaine arrose le promeneur, au grès du vent. Les étincelles de sa folle danse éclaire les visages. La toupie s’emballe encore et toujours, jusqu’à ne plus distinguer que quelques flammes de bonheur. Oui, car les derviches sont heureux. Ils prient dans le sourire, le chant, la musique et la joie. C’est la grâce absolue, la magie du soufisme.
Près de six millions d’Egyptiens seraient affiliés – de près ou de loin – à une confrérie soufie. Un phénomène dont on parle peu. Parce que les confréries dérangent et attirent à la fois. Branche mystique de l’islam, le soufisme prône la communion directe avec Dieu, par la prière et la dévotion. Pour le fidèle soufi, la musique et la danse sont les moyens de transport vers le divin, l’étincelle qui allume la transe. Organisées en tariqa (confréries), les différentes écoles vénèrent un Saint. Et chaque année, elles se réunissent autour de son tombeau, pour en célébrer l’anniversaire. Ce sont les mouled, rassemblements pieux qui donnent lieu alors à de gigantesques scènes de délire collectif. Pour le promeneur de passage au Caire, un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte.
Merci à mon papa photographe pour ces superbes couleurs...
Commentaires
Oui, en effet, merci et félicitations à votre père pour ces couleurs magnifiques.En fixant la 2ème photo, j'ai l'impression de voir tournoyer la robe du derviche, comme par magie...
Pour avoir déjà vu 2 de ces spectacles en Egypte (mais pas au Caire), on ne peut qu'être envouté et fasciné par cette véritable prouesse.
En tous les cas merci beaucoup pour les explications et précisions apportées sur le soufisme. A mon 3ème spectacle, si il a lieu au Caire ou ailleurs, je l'appréhenderai différemment.
Merci aussi pour l'autre photo..."seule face à lui"...Est-ce aussi une photo de votre père ? Elle est vraiment superbe.
A bientôt.
Sylvie - Je serais ravi de vous accueillir au Caire pour aller y voir votre 3ème spectacle. Je découvre à peine la culture soufie … d’autres articles devraient suivre. « Seule face à lui » est une de mes photos, un moment privilégié de paix et de recueillement, un jour de balade dans la mosquée Mohammed Ali, dans l’enceinte de la Citadelle du Caire.
Merci ARNAUD.
Dès que je viens au CAIRE, je vous le fais savoir. J'attends toujours ce voyage avec impatience car plusieurs fois reporté...
En attendant, merci encore pour ces instants de vie du CAIRE et pour ce que vous nous faites partager. Continuez...
A bientôt.
soufisme
Salam 'alikoum,
j'aimerais faire un voyage au Caire à la fin de l'année inchallah.Je fais partie de la tariqa Boutchichia en france et j'aurais aimé savoir si vous aviez rencontré des membres cette tariqa ou s'il y avait une zaouia qui leur appartenait au Caire?



