03 mai 2006
Sale temps pour les journalistes
A l'occasion de la journée mondiale pour la liberté de la presse, Reporters sans Frontières publie son rapport annuel sur l'état de la presse dans le monde. Selon l'organisation, l'année 2005 aurait été la pire depuis 10 ans : 65 journalistes et 5 collaborateurs tués, plus de 1300 professionnels menacés, agressés, entravés dans leur travail. A elle seule, la guerre en Irak a tué 25 journalistes, sans compter les multiples enlèvements. Au rang des plus grandes prisons à journalistes, on retrouve la Chine, Cuba, l'Erythrée, l'Ethiopie, l'Iran et la Birmanie. Nous ne sommes qu’en mai et l’année 2006 s’annonce déjà bien sombre : depuis janvier, 16 journalistes et 6 collaborateurs ont été tués, 120 journalistes et 56 cyber-dissidents emprisonnés.
La carte ci-dessous est simple à lire : plus c'est rouge, moins il fait bon d'être journaliste...
En rose, l’Egypte a de quoi rougir. En mai 2005, une dizaine de femmes journalistes, qui couvraient une manifestation, ont été agressées par les forces de l’ « ordre ». Battues, déshabillées et humiliées, ces femmes n’ont toujours pas obtenu l’ouverture d’une enquête. Pas plus tard qu’il y a une semaine, le directeur de la chaîne Al-Jazira au Caire était arrêté à Dahab, juste après les attentats, pour avoir « proféré des propos à l’encontre de la sécurité et de l’unité de l’Etat égyptien »
Etat d’(éternelle) urgence
En Egypte, les atteintes à la liberté d’expression sont institutionnalisées : depuis l’assassinat du président Sadate en 1981, la loi d’état d’urgence étouffe les droits fondamentaux. Systématiquement reconduit tous les trois ans, l’état d’urgence permet au régime – sous prétexte de maintien de la sécurité – d’anéantir tout mouvement contestataire. Les manifestations sont interdites, la police peut arrêter quiconque sans raison et les procès pour « atteinte à la sécurité de l’Etat » sont confiés à des cours militaires, sans aucun contrôle possible. Dimanche dernier, prétextant des derniers attentats de Dahab, le Premier ministre égyptien Ahmed Nazif a demandé la prolongation de l’état d’urgence. Avec plus des deux tiers des députés acquis à sa cause, la proposition ne pouvait pas être rejetée. L’état d’urgence est donc reconduit pour deux ans, ou jusqu’à ce que la nouvelle loi anti-terroriste, promise par Hosni Moubarak, ne soit rédigée. Mais le rais a prévenu : cette loi demandera au moins 18 mois de travail.
En Egypte, les journalistes n’ont pas fini de raser les murs.
Commentaires
Mourir... dormir, dormir ! peut-être rêver!
Salut Dr Jones:
C'est marrant, l'Espagne n'est pas blanche du tout...Alors, pas de clairté totale, hein? En effet, il y a (et il y aura) quelques médias qui virent toujours au parti au pouvoir. En Espagne, c'est parfois tellement évident que cela presque frisse le ridicule. Toutefois, je vois que l'Espagne reste un des pays les mieux placés. Cela veut dire que...Citoyens du monde, on est tous certainement loin de la verité. Rêve ou cauchemar mais dans tous les cas... Scary movie!
Un très bon reportage. Une réflexion nécessaire...Merci Arnaud
Rêver, rêver, rêver !
Pao - Non, l'Espagne n'est pas toute blanche, pas plus que la France ou l'ensemble des pays dits démocratiques. Mais oui, il reste tout de meme d'énormes différences entre certains pays, sur l'échelle des libertés fondamentales.
Que ceux qui sont un peu plus hauts perchés gardent le nez en l'air et que les autres montent les rejoindre. 'faut rêver!




